Dans son commentaire d'hier, David met exactement le doigt sur le coeur du problème actuel : et si le prochain mai 68 ne se passait pas dans la rue mais sur la toile ? Et si le vrai débat tournait autour de la liberté digitale ? Sous le numérique la plage ?
Nous sommes (en tous cas en Europe) devant au moins 3 ruptures évidentes :
1. un fossé générationel . C'était déjà le cas en 68 mais cette fois les jeunes sont moins nombreux que les quinquas pseudo-révolutionnaires maintenant aux manettes, d'où leur difficultés à s'imposer,
2. un fossé numérique entre ceux de culture webeuse et ceux qui pensent que le numérique se gérera comme la vieille économie. Ces derniers ont déjà perdu mais s'accrochent à leurs chimères, poussés par un aveuglement comptable primaire, symptomatique d'une société essoufflée.
Les pouvoirs sont, pour l'heure, concentrés dans les mains des anciens contestataires, aujourd'hui vieux, gras, égoïstes, incapables de créer de la richesse (ils sont responsables des déficits permanents depuis 20 ans) et, sont en outre, incapables de se remettre en question.
Dans ce contexte, on voit mal comment avancer, sauf à réaliser nous-mêmes des projets pour une nouvelle société basée sur l'économie numérique libre (libérée ?) et sur les compétences, l'honnêteté (aïe) et le travail.
Ce qui nous mène à la 3e rupture : l'affrontement entre véritables entrepreneurs et politiciens d'entreprise. Les seconds occupent aujourd'hui le devant de l'écran sans créer de valeur ajoutée pour la collectivité. Aujourd'hui, la reconnaissance sociale va aux cadres de multinationales (les nouveaux apartchiks), au détriment de ceux qui prennent risques et responsabilités. Or, dans nos métiers, ce modèle non plus n'a aucun avenir.
Poussons une dernière fois l'analogie avec 68 : bien gérés les partis pirates pourraient devenir les nouveaux écolos des années 2010-2020.
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