La blogosphère (surtout en direction des geeks) me désespère chaque jour davantage. D'un niveau tout à fait respectable autour de 2005-2006, leurs auteurs semblent avoir été frappés de régression anti-darwinienne : fini les réflexions stratégiques, les considérations sur l'impact du web 2.0 ou les considérations sur l'apport des blogs à l'ouverture d'esprit des éditorilaistes ou à l'amélioration du climat démocratique.
A l'instar des Shadoks, la britneysphere donne l'impression de ne posséder que quatre cases . Comme les oiseaux de Rouxel, elle semble devoir en vider une lorsqu'un cinquième thème émerge. Les quatre cases s'intitulent :
- iphone
- google.
Twitter : le service n'a jamais été rentable et, dans sa configuration actuelle, ne le sera probablement jamais. Twitter brûle l'argent des venture capitalists. Malgré cela, la blogosphère lui déroule le tapis rouge et n'importe quelle bidouille ajoutée se trouve répercutée aux quatre coins de la britneysphere (je sais, une sphère n'a pas de coin, mais puisqu'on y lit n'importe quoi, je ne vois pas pourquoi me gêner). Expression ultime des egos hypertrophiés, 90% de son contenu est considéré comme junk.
Iphone : de prime abord, nous préférerions que l'on dissertât (clâââsse) de l'impact des smartphones sur l'informatique nomade. Mais ça, ça provoque une surchauffe neuronale grave chez l'auteur. Donc, de mashable à InternetNews, pas moyen de passer une soirée sans le téléphone avec un morceau de pomme. Etrange, personne ne rappelle que ses prorpriétaires ne sont en fait que locataires : la bande à Jobs peut supprimer n'importe quelle application sur n'importe quel iPhone n'importe où dans le monde. A son bon plaisir et tant pis pour vous, vous n'aviez qu'à lire le contrat.
Facebook : la dernière bonne nouvelle c'est que les ados commencent à quitter et que la proportion des +40 augmente. Bref, fesse-bouc pourrait commencer à devenir ringard. Si ça peut relever le niveau...
Google : Big Broogle est devenu un proxy pour Internet. A la fois moteur de recherche, serveur de messagerie, organiseur, suite office, messagerie instantanée, carte géographique, cloud,... Bref, si un soir vous manquez d'inspiration, un petit tour sur leur blog et vous voilà de retour parmi les geeks, parmi ceux qui parlent d'un truc parce qu'ils l'ont lu ailleurs.
On touche peut être au fond du problème : la nécessité de compter (dans les deux sens). Pour justifier le prix des annonces, il faut pondre. Tous les jours. Semaine après semaine. Mois après mois. Sinon, plus de respect de ses pairs, plus de sponsors, plus de sous.
Bref, tout cela contribue au nivellement par le bas, à la transformation de la blogosphère en britneysphere. Sans le charme de celles-ci.
Ici, il n'y aura jamais de sponsor. On dira toujours ce qu'on pense, surtout si c'est politiquement incorrect. D'ailleurs demain, on parlera de … google.
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